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Musiques enregistrées : un marché en croissance, une reprise confirmée et toujours du recul à prendre

We Are Wolves - photos Edith Gaudy
17 févr. 2018

Musiques enregistrées : un marché en croissance, une reprise confirmée et toujours du recul à prendre

Le marché français de la musique enregistrée a progressé de + 3,9% en 2017, pour la deuxième année consécutive (+5,4% en 2016) et atteint 723 M€. Deuxième année consécutive de croissance depuis 15 ans. Mais si la reprise se dessine, elle est encore fragile. Avec 583M€, le chiffre d’affaires physique et numérique commence tout juste à recréer la valeur perdue et n’atteint que 40% du marché de 2002 (1.43Mds€). Les producteurs de musique sont optimistes, mais considèrent ces indicateurs avec prudence : la dynamique de la production n’est pas encore pérenne, les nouveaux modèles économiques ne sont pas encore matures.

Le streaming continue d’afficher une forte croissance : +23%
Le streaming, moteur de cette croissance, poursuit sa progression : ses revenus ont augmenté de 23% en 2017 (+37% en 2016) et avec 243M€, représentent 42% des revenus du marché total. C’est l’abonnement qui génère l’essentiel de la valeur créée : il représente, à lui seul, 83% des revenus du streaming et 35% des revenus du marché. Si la progression du nombre d’abonnés se poursuit à un rythme un peu moins soutenu, + 500 000 en 1 an, soit 4.4M d’abonnés, elle est compensée par une part plus importante des abonnés payants, hors bundle avec un opérateur téléphonique.
Les revenus du streaming ont pratiquement triplé en 5 ans et représentent aujourd’hui plus de 85% des revenus numériques.

We Are Wolves - photos Edith Gaudy

La croissance du streaming s’explique par l’adhésion populaire autour de cet usage : 42.5Mds de titres ont été écoutés sur les services de streaming audio en 2017, c’est 5 fois plus qu’en 2013. Selon le baromètre SNEP/GFK MusicUsages 2017, 42% des Français déclarent écouter leurs artistes sur les plateformes de streaming et ce n’est pas une pratique réservée aux jeunes : un streamer sur 4 a plus de 50 ans. Pour ceux qui l’ont adopté, c’est même devenu le principal moyen d’écoute de musique. Pour en savoir plus sur les véritables consommateurs de musique, nous publierons prochainement les résultats de notre étude annuelle sur Les Accros de la Musique.

En dix ans, le marché français de la musique enregistrée a profondément évolué. Alors qu’en 2007, le marché reposait presque exclusivement sur les ventes de supports physiques (92.8%), il présente aujourd’hui une quasi-parité entre les revenus issus du numérique (48.8%) et ceux du physique (51.2%). Le modèle de l’achat cohabite désormais avec le modèle de l’accès.
L’enjeu est double : accompagner la vitalité du réseau de distribution physique français tout en poursuivant le développement du marché numérique.
Le vinyle séduit toujours plus de consommateurs, avec des volumes multipliés par 4 en 5 ans, mais ne représente que 12.2% du chiffre d’affaires physique. Couplée à la progression du nombre d’abonnés en streaming, cette résilience des supports physiques illustre le retour du consentement à payer sur le marché de la musique enregistrée.

Toutes les données ci-dessus sont communiquées par le Syndicat National de l'Édition Phonographique (conférence de presse annuelle du 15 février 2018).

We Are Wolves - photos Edith Gaudy

Pour véritablement comprendre le marché, il faut toujours et encore prendre du recul par rapport aux données comptabilisées et communiquées. Par exemples, les ventes directes de produits physiques effectuées en concerts par des milliers d'artistes et de nombreux labels dynamiques ne sont pas prises en compte. Il en est de même pour les revenus générés par le merchandising et les ventes de produits dérivés. De grandes marques n'hésitent pas à s'appuyer sur des artistes, leurs images et leurs créations musicales pour toucher de nouvelles cibles ou renforcer leurs positions... mais pour tous ces accords, on vous dira qu'il s'agit vraiment d'autre chose.

Le marché est potentiellement bien plus important qu'il ne paraît.

Les entreprises se positionnent sur tous les marchés de la musique. Alors même si celui des ventes physiques de musiques enregistrées est en décroissance, même si la répartition des micromiettes générées par le streaming laisse encore à désirer pour une grande majorité d'artistes et de producteurs, les enregistrements contribuent inéluctablement à vendre d'autres produits et d'autres services. Aujourd'hui, rares sont les acteurs qui n'utilisent pas de musiques enregistrées. Que ce soit pour proposer un café, un nouveau smartphone, des chaussures de sport, un bon repas, des jeux vidéo en ligne, de nouveaux produits pharmaceutiques, des voyages ou des bonbons (liste évidemment non-exhaustive), toutes les entreprises utilisent de la musique pour communiquer, gagner de nouveaux marchés et se développer.

À l'IMM, nous considérons et traitons toutes les formes d'exploitation de la musique !

We Are Wolves - photos Edith Gaudy

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