Synthèse de l'enquête Accros de la Musique 2026

29 mars 2026

Synthèse de l'enquête Accros de la Musique 2026

La 16ème édition de l’enquête annuelle « Accros de la musique » a été réalisée en Janvier et Février 2026 avec la participation d’étudiants de l’Institut des Métiers de la Musique. Elle a pour objectif de mieux comprendre des consommateurs qui ne peuvent concevoir leur existence sans musique. Ce sont 258 personnes de ce type que nous avons interrogées.

Méthodologie et échantillon

Questionnaires anonymes administrés en ligne, uniquement auprès de passionnés de musique (déclaratif).

258 répondants : 153 hommes (59%), 101 femmes (39%), 4 nsp (2%)
« 19 ans et moins » : 8,91% (23), « 20 - 24 ans » : 8,14% (21), « 25 - 29 ans » : 8,91% (23), « 30 - 39 ans » : 11,63% (30), « 40 – 59 ans » : 51,55% (133), « 60 ans et plus » : 10,85% (28)
La maturité des passionnés : Avec plus de 62 % des répondants ayant 40 ans ou plus, la passion musicale semble être un investissement de long terme plutôt qu'une simple phase de jeunesse.

Lieux d’habitation : 79% (203) « en ville », 21% (55) « à la campagne »
Ancrage urbain : Près de 8 répondants sur 10 vivent en ville. Cela peut s'expliquer par l'accès facilité aux salles de concert, aux disquaires et à une vie culturelle plus dense.

Situation professionnelle :
17% « étudiant », 68% « employé, profession libérale, chef d'entreprise », 6% « retraité », 9% « sans emploi »

Exactement 50% ne sont pas musicien(ne), 50% annoncent être musicien(ne). 63,33% des trentenaires sont musiciens, 75% des retraités ne sont pas musiciens. La pratique instrumentale est majoritairement affirmée chez tous les Accros de moins de 40 ans. Dans notre échantillon, 42% des femmes sont musiciennes et 56% des hommes sont musiciens.
La parité parfaite entre musiciens et non-musiciens est assez rare. Cela montre au moins que l'on n'a pas besoin de pratiquer l'instrument pour être considéré (ou se considérer) comme un mordu absolu.

VOIR LA SYNTHÈSE EN INFOGRAPHIE !

Une très grande diversité des genres préférés de musique pour les Accros.
Les 258 personnes interrogées ont nommé 120 genres différents pour la musique qu'ils préfèrent. Cette diversité reflète de multiples influences culturelles, des personnalités aux goûts variés, une grande richesse pour la société. L'auditeur de 2026 ne dit plus "j'aime le rock", il dit "j'aime le Post-Punk revival", le "Surf Rock Instrumental" ou le "Math Rock".

Nous avons regroupé toutes ces différentes musiques par "grandes familles" afin d'obtenir une segmentation traditionnelle lisible : Pop / Rock / Folk (33,33%), Metal / Punk / Musiques alternatives (21,71%), Jazz / Blues / Soul / Funk (17,05%), Rap / R’n’B (13,57%), Musiques électroniques / Disco (3,10%), Musiques du monde / Reggae (2,71%), Musiques classiques et contemporaines (1,55%), Chanson / Variété française (1,55%), nsp (5,43%).

L’étude révèle des tendances marquées en matière de genres musicaux préférés. Sans surprise, la Pop, le Rock et le Folk dominent avec un tiers des préférences exprimées. Ce trio, apprécié pour sa diversité et son accessibilité, confirme son statut de courant musical large et dominant.

En seconde position, on retrouve le Metal, le Punk et les musiques alternatives, qui rassemblent 22 % des suffrages. Ce résultat témoigne d’un attrait certain pour des sonorités plus puissantes et rebelles.

Sur la troisième marche du podium, le Jazz, le Blues, la Soul et le Funk séduisent 17 % des personnes interrogées. Ces genres, riches en histoire et en émotions, conservent une place de choix dans le cœur des mélomanes, notamment avec la Soul.

Le Rap et le R’n’B suivent de près avec 14 % des voix. Sa popularité, notamment auprès d’un public jeune, confirme une influence certaine sur la scène musicale actuelle.

Les musiques électroniques (3%) et les musiques du monde (3%) affichent des scores plus modestes. La Chanson et la Variété française, quant à elles, recueillent seulement 1,5 % des suffrages. Ce faible résultat est d'autant plus étonnant que l'enquête est principalement effectuée auprès d'un public francophone. Les musiques classiques et contemporaines peinent aussi à séduire, avec seulement 1,5 % des voix.

De quelle façon les Accros découvrent-ils de nouvelles musiques ?
40,7% via les réseaux sociaux, bouche à oreilles, 21% le font via des plateformes de streaming (audio, vidéo), 13,6% via les médias traditionnels (Tv, radio, presse), 10% via des playlists, algorithmes, logiciels de reconnaissance musicale, 9,7% via des médias digitaux (Sites, Blogs, Webradios, Podcasts), 2,7% via les concerts, festivals, dj set, 2,3% via l'audiovisuel (film, série, pub).

Ces chiffres sur le mode de découverte sont particulièrement révélateurs. Ils marquent la fin d'une croyance : celle où les médias traditionnels et les algorithmes feraient découvrir de nouvelles musiques aux Accros.

Aujourd'hui, l'Accro à la musique remet l'humain et l'échange au centre de sa passion.

1. Le Triomphe du "Social-Sourcing"
Avec plus de 40 %, le bouche-à-oreille (physique ou via réseaux) est le moteur principal. Cela explique pourquoi l'échantillon cite 120 genres différents : on ne découvre plus la musique via un robinet centralisé, mais par capillarité, au sein de micro-communautés (groupes Facebook, serveurs Discord, discussions entre amis).

2. La Méfiance envers l'Algorithme ?
Seuls 10 % des répondants comptent sur les playlists automatiques ou les algorithmes. C'est un chiffre bas qui suggère que l' "Accro" de 2026 est méfiant vis-à-vis de la suggestion automatique. Il préfère chercher lui-même plutôt que de se laisser porter par un flux pré-mâché.

3. Le paradoxe du "Live" et de l'image
Le Live (2,7%) : On découvre peu en concert. Le public semble aller voir des artistes qu'il connaît déjà plutôt que de parier sur les découvertes ou les premières parties dont il n'identifie pas forcément le nom.

L'Audiovisuel (2,3%) : Malgré le succès des BO de séries ou de films, cela reste un canal marginal pour la découverte profonde de nouveaux artistes chez les vrais passionnés.

La "Digitalisation" est partout mais fragmentée
Si l'on cumule les plateformes, les algos, les réseaux et les médias digitaux, on dépasse les 80 % de découvertes via un écran. Cependant, c'est l'interaction humaine sur ces écrans (réseaux sociaux) qui fait la différence.

L'Accro de 2026 est un curieux actif, pas un consommateur passif. Il va chercher l'information là où elle est la plus authentique : auprès des autres passionnés.

Un Accro de la Musique écoute en moyenne 2h26mn de musique par jour. 

La durée d'écoute varie considérablement d'un "Accro" à l'autre, allant de moins d'une heure à plus de 4 heures par jour. 36,4 % des accros écoutent plus de 3 heures de musique par jour. 30,2 % 1 à 2 heures par jour, 21,7 % consacrent 2 à 3 heures d'écoute par jour. Seulement 11,6 % lui accordent moins d'une heure par jour.

L'analyse des contextes d'écoute révèle une prédominance de l'écoute sédentaire, notamment à la maison (53,5 %). L'écoute en déplacement (24 %) est également fréquente, notamment dans les transports en commun. L'écoute au travail fait un bon à 17 % (contre 8,8 % l'an dernier). L'écoute en concerts et clubs (5,4 %) est la moins fréquente.

Le "Boom" du Travail
Le passage de 8,8 % à 17 % de l'écoute au bureau (ou en télétravail) est spectaculaire. Plusieurs hypothèses :
- La généralisation du casque à réduction de bruit qui permet de se concentrer en open-space.
- Un besoin de s'isoler mentalement dans un monde professionnel de plus en plus exigeant.
- La musique comme outil de productivité (rythme, cadence, épanouïssement...).

Le Sanctuaire Domestique
Malgré la mobilité, plus de la moitié de l'écoute se fait à domicile. Cela concorde avec l'âge des répondants (majorité de 40-59 ans) qui privilégient probablement le confort d'une installation Hi-Fi ou d'un moment dédié, plutôt qu'une écoute distraite dans la rue.

La Musique Live : L'Expérience vs La Consommation
Le chiffre de 5,4 % pour les concerts/clubs peut paraître faible, mais il est logique : on ne peut pas être en concert 2h26 par jour. Cela confirme que pour l'Accro, le live est une expérience sociale ponctuelle, tandis que l'écoute enregistrée est le carburant quotidien.

Pour écouter de la musique, les Accros sont évidemment multi équipés. Ils ont toutefois des préférences ou habitudes.

La majorité écrasante des Accros utilisent un smartphone pour écouter de la musique (74,8 %). Cette tendance n'est pas surprenante étant donné la portabilité et la polyvalence de ces appareils, qui permettent un accès facile à une vaste bibliothèque musicale où que l'on soit. Le smartphone est une télécommande musicale.
60,8 % utilisent un ordinateur, 27,9 % la radio et 11,2 % la télévision.

l'Accro de 2026 est un hybride technologique. Il ne choisit pas entre le moderne et l'ancien, il cumule le meilleur des deux mondes : "haute-fidélité et haute-mobilité".

Si l'on regarde bien, plus d'un tiers des répondants possèdent encore une platine vinyle (37,6 %) ou un lecteur CD (34,1 %). C'est colossal pour 2026 ! Cela confirme que l'Accro ne se contente pas du flux immatériel. Il veut posséder l'objet, lire le livret, et sans doute retrouver une qualité de son que le MP3 compressé ne lui offre pas.
À 5,8 %, la cassette audio dépasse presque la moitié du score de la télévision (11,2 %). C'est le signe d'une culture "underground" ou collectionneuse très vivante a priori chez les 22 % d'amateurs de Metal/Punk/Alternatif, où la cassette serait redevenue un support de diffusion privilégié.

Les « Accros » à la musique utilisent également une variété de formats pour écouter leurs morceaux préférés.

Le streaming audio (43 %) est le format d’écoute privilégié par les « Accros ». Le CD (16 %) et surtout le vinyle (21 %) sont des formats toujours appréciés par les « Accros ». Le fichier audio séduit 12 % des accros et le streaming vidéo avec 3,88 % sont des formats moins utilisés par les « Accros ». La radio est un format qui conserve quelques adeptes (3,1 %) et la télévision (1,16 %) est nommée par seulement 3 « Accros ». 

Le CD, un format toujours populaire : 37,2 % des « Accros » achètent des CD. 42 % des acheteurs de CD le font par militantisme. Le CD est perçu comme le meilleur moyen direct de soutenir financièrement l'artiste. C'est un achat "éthique". 44,6 % des « Accros » achètent des vinyles. C'est presque un répondant sur deux !

À noter que 18,22 % des « Accros » achètent à la fois des CD et des vinyles.

L’attachement à l’objet est une motivation importante pour les acheteurs de CD (30,5 %) et de vinyles (62,6 %). Le support physique représente plus qu’un simple moyen d’écoute ; il est un objet de collection, un symbole de la passion pour la musique. La qualité sonore est aussi une motivation d’achat, mais dans une moindre mesure, pour 13,9 % des acheteurs de vinyles et 13,7 % des acheteurs de CD. 11,6 % des acheteurs de CD et 9,6 % des acheteurs de vinyles recherchent des éditions limitées ou du contenu exclusif, soulignant l’importance de l’aspect « collector » pour certains fans.

En 2026, l’Accro ne consomme pas la musique, il la soutient et la collectionne. On assiste à une véritable « fétichisation » positive du support, où l'objet devient le prolongement de l'identité du passionné. L'attachement à l'objet est particulièrement marqué pour le consommateur de vinyles, ce qui laisse présager un avenir pour ce support.

Plusieurs facteurs peuvent freiner l’achat de supports physiques.

- Le streaming, principal concurrent : 41 % des non-acheteurs de CD expliquent leur choix par l’utilisation du streaming. Contrairement au vinyle qui offre une expérience "rituelle" différente, le CD est en concurrence frontale avec le numérique.

- Le manque d’équipement est un frein important à l’achat de CD (22,8 %) et de vinyles (56 %). L’absence de platine vinyle ou de lecteur CD peut évidemment dissuader certains « Accros » d’acheter des supports physiques. Nous diagnostiquons une fracture matérielle. Si l'envie est là, c'est souvent la technique ou la logistique qui bloque le passage à l'acte d'achat physique.

- L’encombrement, dans une moindre mesure, est aussi un frein à l’achat de CD (6,8 %) et de vinyles (8,4 %). 

- Le prix est également un frein à l’achat de CD mais pour seulement 3 % des accros. Le prix est un frein à l’achat de vinyles pour 12,6 % des accros. Étonnamment, le prix n'est donc pas le frein majeur. Cela confirme que l'Accro est prêt à payer pour sa passion. Le problème n'est pas le coût du support, mais bien l'utilité de l'objet ou la possibilité technique de le lire.
Plus de la moitié de ceux qui n'achètent pas de vinyles ne le font pas par désintérêt, mais simplement parce qu'ils n'ont pas de platine. Le vinyle a une image de marque très forte chez l'Accro, mais la barrière à l'entrée (achat du matériel + entretien) reste le premier obstacle. À noter qu'environ 22% des accros ne se prononcent pas sur la raison de non achat d'un support physique.


Tous les Accros font leurs achats de produits physiques dans plusieurs types de points de vente. Nous leur avons demandé de n'exprimer qu'une seule possibilité.
31,1 % préfèrent aller chez un disquaire, 14,6 % des Accros choisissent la sortie d'un concert pour acheter un produit physique, 14 % directement sur les sites de labels ou d'artistes, 13,4 % vont dans les grandes surfaces spécialisées, 9,1 % dans des magasins d'occasion, 8,5 % déclarent acheter sur des boutiques en ligne.
Ces chiffres révèlent une volonté farouche de privilégier le circuit court et l'expérience humaine plutôt que la logistique impersonnelle des géants du e-commerce.

Avec près d'un tiers des suffrages, le disquaire indépendant est le grand gagnant. Cela confirme que pour l'Accro, l'achat d'un disque n'est pas une simple transaction, mais un moment de vie. On y cherche l'expertise que les algorithmes (utilisés par seulement 10 % pour la découverte) ne parviennent pas à offrir.
Chez l'Accro, le réflexe "clic-and-delivery" est supplanté par :
- Le circuit court : Les sites de labels (14 %) doublent presque les plateformes généralistes.
- L'achat direct : Acheter à la fin d'un concert (14,6 %) est devenu un mode de consommation majeur, liant l'expérience live à l'objet physique.
 

Le budget musique mensuel moyen hors concert est 37,80€, soit un budget moyen de 453,65€ par an pour un Accro de la Musique. 60,5 % des sondés déclarent que leur budget est resté stable. 21,3 % déclarent qu’il a augmenté et 18,2 % qu’il a baissé. 

67% des Accros de la Musique dépensent plus de 10 euros par mois pour la musique enregistrée.
Les Accros de la Musique ne sont pas tous de vrais consommateurs : 18,6 % ne dépensent rien en musique (pas un centime par mois). 14,34 % des Accros déclarent dépenser maximum 10 euros par mois pour la musique. 33 % lui consacrent entre 10 et 25 euros par mois,
20 % entre 25 et 50 euros, 7,4% entre 50 et 100 euros par mois, 5,8% des Accros sont de très gros consommateurs de musique et lui consacrent plus de 100 euros par mois.

Ce volet confirme le pragmatisme de l'Accro : la passion a un prix, et pour la majorité, ce prix est celui d'un engagement réel et régulier. Avec un budget moyen de 453,65 € par an, on dépasse largement le coût d'un abonnement au streaming.
Plus de 80 % des passionnés mettent la main au portefeuille.
Le budget moyen de 37,80 €/mois est environ 3 à 4 fois plus élevé qu'un abonnement de streaming classique. Cela prouve que le surplus budgétaire (environ 25 €) est injecté directement dans le support physique (Vinyle à 25-30 €, CD à 15 €) et/ou le Merchandising.

Le budget moyen annuel d'un Accro de la Musique pour les concerts est de 263,75 €.
En additionnant la consommation de supports/streaming/merch. et l'expérience live, on découvre un investissement annuel moyen dans la musique de 718 € (soit près de 60 € par mois).
La consommation "Hors-Concert" (Streaming, CD, Vinyle, Merch) représente 63% du budget total. L'expérience "Live" (Billetterie concerts) représente 37% du budget total.

Estimation du juste prix (ttc) : place de concert : 34,67€, album CD : 13,25€, album vinyle : 20,12€, abonnement streaming mensuel : 10,32€, t-shirt : 18,91€

L'Accro de 2026 est un consommateur averti qui refuse l'inflation galopante. Le "juste prix" estimé par les 258 répondants est systématiquement inférieur aux prix du marché en 2026 (où un vinyle neuf frôle souvent les 30 € et une place de concert de tête d'affiche dépasse les 70 €).

Focus sur les produits dérivés

Le fait que 47,7 % (presque un sur deux) achètent des produits dérivés montre que le "merch" est devenu aussi important que le disque pour le modèle économique des artistes.
Les vêtements (t-shirts, Hoodies, …) sont les type de produits dérivés les plus appréciés : 90% des acheteurs les plébiscitent. On ne porte pas seulement un vêtement, on affiche son identité culturelle.
17% optent pour les Posters, Drapeaux, Photos. 24% filent aux Accessoires et ustensiles (Mugs, Figurines, Verres, Patchs, Casquettes, Sacs, bijoux …), et 10% vers d'autres produits.
52% des Accros achètent leur merchandising dans les salles de concerts. C'est une donnée clé. L'achat de merch est un acte émotionnel fort, lié à l'instant présent. On achète le t-shirt pour "immortaliser" la soirée : "J'y étais!".
26% achètent sur le site de l'artiste ou du label. Le lien direct artiste-fan se confirme. 12% vont sur un site spécialisé dans le merchandising, 3,5% dans des boutiques ou chez des disquaires et 6,5% achètent ailleurs.

94,2% des Accros écoutent de la musique en streaming (5,8% ne le font pas). Parmi eux, 27% le font gratuitement, 73% ont un abonnement payant.

Les Accros estiment que le juste prix d’un abonnement mensuel à une offre de streaming devrait être de 10,32€ mais 64% des Accros déclarent que cet abonnement mensuel devrait être inférieur à 10€. Ils sont 20% à estimer que ce juste prix devrait être inférieur à 5,00€. 60% des Accros qui écoutent de la musique en streaming continuent d'acheter des supports physiques (CD, vinyles).

35,5% des Accros qui écoutent de la musique en streaming continuent d'acheter des CD tandis que 64,5% n’en achètent pas.
44% des Accros qui écoutent de la musique en streaming continuent d'acheter des vinyles tandis que 56% n’en achètent pas.
Le vinyle résiste mieux au streaming que le CD. Cela s'explique par l'expérience radicalement différente qu'offre le vinyle (rituel, grand format), alors que le CD partage avec le streaming une certaine "linéarité" numérique.

Le streaming est une "bibliothèque d'essai" : On écoute sur Spotify ou Deezer, mais on "valide" son amour pour un album en achetant le vinyle (44 % des cas). Finalement, plus d'un tiers des utilisateurs de streaming achètent encore des CD.

Les Accros déclarent préférer les plateformes de streaming suivantes :
Spotify (42,64%), Deezer (15,89%), Apple Music (12,79%), Youtube (8,14%), Bandcamp (3,49%), Amazon Music (2,33%), Youtube Music (2,13%), Qobuz (1,94%), Tidal (1,16%), autres ou ne se prononcent pas 9,3%.

Les raisons de leurs préférences sont multiples (plusieurs réponses possibles) ; l'importance du catalogue (38%), la qualité de l'interface (34%), les playlists (24%), la qualité sonore (23%), les recommandations (19%), le prix de l'abonnement (18%), la gratuité (15%) et pour d’autres raisons (22%) sont les principales caractéristiques exprimées par les Accros de la Musique pour accorder leur préférence à telle ou telle plateforme.

En résumé, l'Accro de la Musique ne choisit pas son service au hasard. Voici la hiérarchie de ses priorités :
- L'Abondance (importance du catalogue à 38 %) : C'est le critère numéro 1. L'Accro veut être sûr de trouver au moins les 120 genres différents qu'il affectionne.
- L'Expérience Utilisateur (Qualité de l'interface à 34 %) : La fluidité de navigation est plus importante que le prix.
- L'Éditorial et la Technique : Les playlists (24 %) et la qualité Sonore (23 %) sont au coude-à-coude. Cela montre que pour une partie des répondants, la qualité audio est devenue un critère de choix aussi fort que la curation.
- Le Prix (18 %) et la Gratuité (15 %) : ces critères arrivent en fin de liste. Cela confirme que l'Accro est un consommateur de "valeur" : il est prêt à payer pour un service de qualité supérieure.
Il nous semble important de préciser que le choix d'un service ne s'effectue, pour la plupart des consommateurs, qu'une fois. Ensuite, les divers stratagèmes de renouvelement d'abonnement entrent en jeu. Il ne s'agit plus d'un choix mais, pour certains, d'une habitude ou d'une simplification d'accès à la musique.

63,57% des Accros de la Musique ont déjà écouté et acheté un album grâce à son visuel ou à l'univers graphique de l'artiste. Ce chiffre confirme que la musique est une expérience synesthésique. Pour l'Accro, l'œuvre commence avant la première note. Dans un monde de flux numérique infini, la pochette d'album / le visuel (le "cover art") sert de filtre. Elle indique instantanément le genre, l'ambiance et le niveau de soin apporté au projet.

80,23% des Accros de la Musique ont déjà écouté et acheté un album sans avoir vu le visage de l'artiste. Cette donnée intéressante s'oppose à la culture de l'influence et du "selfie" omniprésente en 2026. Pour 8 Accros sur 10, le charisme physique de l'artiste serait secondaire. Ce chiffre démontre que pour un Accro de la Musique, le talent et l'univers créatif priment sur le marketing de la personne. La musique reste une affaire d'émotion, pas d'apparence.

66,67% des Accros de la Musique n'achèteraient pas un album qui leur plaît à causes des idées et des valeurs d'un artiste. C'est la fin du dogme "il faut séparer l'homme de l'artiste" pour une majorité de passionnés. Puisque l'Accro achète par militantisme, il refuse de financer un artiste dont les idées (politiques, sociales, morales) sont en contradiction avec les siennes. La musique fait partie de l'identité de l'Accro. Posséder l'album d'un artiste "problématique" est perçu comme une validation de ses actes. À l'ère de la transparence, l'éthique de l'artiste est devenue un composant du produit musical. Ses prises de position et ses agissements sont déterminants. Nous avons observé ce phénomène croissant depuis plusieurs années.

La résistance face à l'IA
84,5% des Accros de la Musique déclarent ne pas écouter de la musique générée par l'IA. 10,1% ne savent pas s'ils écoutent de la musique générée par l'IA. Seulement 5,4% déclarent écouter de la musique générée par l'IA.
En 2026, alors que l'IA générative inonde le web, les Accros s'érigent en rempart de l'humanité créative.
- La quête d'authenticité : Pour un public composé à 50 % de musiciens, l'effort humain, l'imperfection et l'intention sont essentiels. La musique de l'IA est perçue comme une "coquille vide", sans âme ni vécu.
- Le doute technologique : Les 10,1 % qui "ne savent pas" traduisent une anxiété montante : la peur d'être trompé par des algorithmes.
- Un signal fort pour l'industrie : le rejet massif (84,5 %) montre que pour toucher les vrais passionnés, les labels et les artistes ont intérêt à valoriser le "fait main" et la présence humaine réelle.

Focus sur le live

Durant les 12 derniers mois, 84,11 % des Accros ont acheté des places pour assister à des concerts. Sur cette période, 92% des Accros ont assisté à au moins un concert ou prestation scènique. 32,95% entre 1 et 5 fois, 22,87% entre 5 et 10 fois, 26,74% plus de 10 fois, 3,49% des Accros ont assisté à un concert au moins une fois par semaine
et 5,81% à plus d'une fois par semaine. 9 Accros sur 10 ont assisté à des concerts en 2025. 9,3% fréquente les concerts de manière intensive, au moins une fois par semaine.

31,8% des Accros de la Musique qui achètent des places de concerts ont dépensé moins de 100 euros pour y assister durant les 12 derniers mois. Ce groupe privilégie probablement les petites salles, les concerts gratuits ou les artistes émergents (ce qui colle avec le "juste prix" de 34,67 €).
44,7% des Accros de la Musique qui achètent des places de concerts ont dépensé plus de 250 euros pour y assister durant les 12 derniers mois. C'est ici que se situent la majorité des passionnés, cumulant plusieurs concerts de taille moyenne ou un ou deux grands festivals.
2,76% des Accros de la Musique qui achètent des places de concerts ont dépensé plus de 1000 euros pour y assister durant les 12 derniers mois. Ce micro-groupe n'hésite pas à voyager, à suivre des tournées ou à s'offrir des pass VIP/Festivals onéreux.

En 2026, l'Accro n'est plus un simple client, c'est un rouage actif de la carrière de l'artiste.
94% des Accros de la Musique déclarent avoir déjà soutenu un artiste. Seulement 6% affirment ne jamais l'avoir fait.
La plupart des Accros soutiennent l'artiste de plusieurs manières.
39,57% en recommandant et en partageant sa musique sur les réseaux sociaux. L'Accro sait que son partage a plus de valeur que n'importe quelle publicité ciblée.
34,12% l'ont fait en lui achetant en direct son album ou autres. L'Accro veut que son argent aille directement dans la poche de celui qui crée.
11,14% des Accros de la Musique déclarent avoir déjà soutenu un artiste par le financement participatif (crowdfunding), 4,27% via un fan club, 4,27% par du bénévolat, 2,84% avec des dons (sans contrepartie).

Les Accros pouvaient recommander d'écouter 1 artiste en particulier. Sur les 258 participants à l'enquête, 245 ont répondu clairement et 233 artistes différents ont été recommandés, dans des genres très variés. 13 accros ne se sont pas prononcés.
Cela signifie qu'il n'y a quasiment aucun consensus de masse ; chaque passionné possède son propre panthéon personnel. C'est la preuve que nous sommes sortis de l'ère des "superstars" imposées pour entrer dans celle des "communautés de niche".

Du reste, le Grammy des Accros de la Musique est décerné au groupe Bagdad Rodeo qui a été nommé 3 fois.
C'est la victoire de l'indépendance : ce groupe de rock engagé, connu pour son humour noir et sa satire sociale, incarne parfaitement les valeurs de notre panel (rejet du lisse, goût pour l'authentique et le "fait main").
À noter que le timing est parfait car il correspond à la sortie de leur album QUATRE – Part. 2 (sortie le 27 mars 2026).

 

Vous voulez travailler dans la musique ?

Notre école est pour vous !