Saviez-vous que des pulsions négatives freinent des fois la consommation et les achats de musique ? Si les freins et les motivations s’équilibrent, les achats sont théoriquement reportés à une autre fois. Si les freins sont importants, il n’y aura pas d’achats et les gens écouteront encore et toujours la même chose.

Dans une certaine mesure, vous pouvez éradiquer des peurs chez ceux qui n'osent pas goûter de nouvelles saveurs et varier leurs moments de musique. La peur de l’inconnu, par exemple, se supprime avec l’écoute et/ou des analogies. Si vous avez aimé ceci, vous aimerez cela. Si vous aimez untel, vous aimerez celui-là. Bien évidemment, il faut s'armer de repères et la connaissance des répertoires s’avère essentielle. Malgré toutes les recommandations virtuelles possibles notamment grâce à de nouvelles solutions informatiques boostées par quelques start-up(s), la recommandation par un humain (notamment par un proche que l'on apprécie) reste la plus forte, pas forcément la plus juste, pas forcément la plus réfléchie, pas forcément la plus massive, mais la plus vivante; et puis l’homme a le droit de se tromper, pas la machine.

Il n'y a aucun risque à (re)découvrir de temps en temps un artiste, un répertoire ou un enregistrement. C'est tout aussi plaisant que de faire découvrir quelque chose à quelqu'un. L'envie de transmettre et de partager est au coeur de la recommandation. C'est aussi une question de temps à consacrer, à prendre ou à donner. C'est très facile à faire au moins une fois par semaine. Ce petit exercice devient un jeu. La partie n'est jamais totalement finie. Les surprises peuvent se succéder. Finalement, ce qui est important ici, c'est de jouer, donner et garder un rythme.

La peur du genre est aussi intéressante à éradiquer (tant culturellement qu’économiquement). Si vous arrivez à casser l’appréhension de nombreux consommateurs pour le jazz ou les musiques du monde, par exemple, vous élargissez très nettement leurs palettes, leurs sensations, leurs émotions et permettez en plus de soutenir bon nombre d'artistes, de musiciens, de créateurs et de producteurs.

Pour supprimer ce type de peur, utilisez ce qu’ils aiment pour définir deux ou trois préconisations. Si les résultats sont encourageants, vous pourrez construire un véritable parcours initiatique. Selon les individus, la conversion est plus ou moins lente. Il est important de maintenir une progression pour atteindre un niveau de spécialisation également recherché par les accros de la musique.

Les consommateurs de musique ne sont jamais totalement «hermétiques». Il s’agit de trouver les bons mots (les bonnes références) au bon moment. Selon de nombreux constats, les consommateurs de musique écoutent de plus en plus de genres différents que dans le passé. Il n’est pas rare de trouver un album de Miles Davis côtoyer Arno ou The Divine Comedy. Dîtes-vous que les frontières entre les genres musicaux sont avant tout des frontières cérébrales. Les accros de la musique écoutent souvent de tout. Et même s’ils ont des goûts prononcés, leurs choix sont cycliques et éclectiques. Il faut toutefois rester cohérent et avancer des valeurs que vous avez goûtées.

La peur de l’expert existe aussi chez certains faibles consommateurs. Ils sont paralysés à l’idée de parler avec quelqu'un qui s'y connaît. Plus vous avez de connaissances et de références, plus vous risquez de les noyer.  Il ne s’agit pas d’épater la galerie et d’organiser des «exécutions culturelles» en public. Souvenez-vous de vos débuts. En fait, les individus peuvent avoir des difficultés réelles ou supposées concernant l’achat ou même l'écoute d’un album. A vous de lever ces barrières, de prendre le temps... car ce n'est qu'une question de temps.