Des artistes aux accros de la musique en passant par les producteurs, tous s'expriment sur ce qui est fait ou devrait être fait. Tous s'expriment sur les aspects artistiques mais également sur l'économie du secteur, les «bonnes pratiques», les «solutions». C'est merveilleux ! Des fois, c'est amusant. D'autres fois, c'est intéressant. Des fois, c'est consternant. L’interprétation personnelle des grandes tendances et notre capacité d’adaptation nous permettent de rebondir régulièrement. Cela nécessite un effort tout particulier notamment pour les «vieux de la vieille» qui pensent avoir déjà fait le tour de la question et pour les «jeunes surdoués hyperbranchés» qui pensent tout comprendre instantanément avec un double-clic.

Les consommateurs de musique font leurs propres charts et les diffusent allègrement sur les réseaux sociaux. Ils deviennent de véritables programmateurs et tentent d'être considérés, lus et approuvés avec leurs playlists. Finalement, celui qui devrait prioritairement être écouté, c'est celui qui se consacre vraiment à la musique : le musicien qui travaille son instrument, le producteur qui trouve et accorde des ressources à un projet, le disquaire qui se couche tard pour passer une dernière commande, l'ingénieur du son qui jongle avec les pistes, l'accro de la musique qui peut et qui accepte encore de consacrer son temps et son argent à un artiste.

Même si les consommateurs de musique n’ont plus officiellement besoin d'un journaliste, d'un disquaire, d'une radio ou autre pour découvrir des artistes et s'approvisionner en enregistrements, le conseil et la prescription sont toujours réels. Demandez à tous les accros de la musique leurs sources d’information, les lieux et les sites qu’ils fréquentent, les personnes qu'ils suivent, et vous arriverez peut-être à imaginer votre propre algorithme de prescription musicale et un répertoire de métadonnées. Il ne faut pas avoir peur d’être trop curieux. En posant des questions, vous établissez des relations ouvertes et directes avec eux. Plus tard, si vous arrivez à faire écouter un de vos projets, vous deviendrez, en quelque sorte, un leader d’opinions, un référant voire même un bon prescripteur. Aujourd’hui, les consommateurs veulent partager des points de vue sur des productions qu’ils s’apprêtent à acquérir. En vous intéressant à leurs goûts, vous pourrez confirmer leurs choix ou bien les orienter sur d’autres réalisations plus pertinents et ainsi les assister avant l’acte d’achat ou d'écoute. Cette ouverture, cette proximité et ce contact sont des armes majeures qu’il faut utiliser. Accordez-vous du temps et de la disponibilité pour ajuster vos indicateurs de mesure de la demande.

À l'IMM, le but du jeu consiste aussi à donner la possibilité aux étudiants de construire leurs propres théories du secteur à partir d'échanges et de réflexions avec des intervenants pertinents. En novembre 2015, les étudiants de l'IMM ont rencontré Jean-Luc Biaulet (MUSIC STORY) et Damien Tardieu (NILAND) pour présenter des solutions technologiques qu'ils développent et parler de la recommandation et de la reconnaissance de la musique, Didier Wampas (LES WAMPAS) a échangé sur le secteur, l'autonomie, son statut et ses dizaines d'années d'ouvrier-chanteur, Frank Redlich (ingénieur du son) et Marc Lumbroso (REMARK RECORDS) ont expliqué plusieurs points relatifs à la production d'enregistrements et aux relations de travail avec les artistes, Jean-Luc Rousselet (DESSOUS DE SCÈNE) a exposé certains aspects du montage de tournées, Laurent Mignard (L'AGENCE MUSICALE) a donné quelques repères pour mieux comprendre les musiques classiques, Adrien Marchand (RICARD S.A. LIVE MUSIC) est venu parler de programmation sur scène et de l'émergence de nouveaux talents, Nicolas Acquaviva (RÉSEAU 92) a discuté de l'accompagnement d'artistes et du développement de carrière, Sébastien Beruard (ADWAYS) a présenté une solution innovante de promotion et de marketing par la vidéo interactive.

Les étudiants profitent également de ces rencontres pour construire ou développer leurs réseaux.

Didier Wampas et des étudiants de l'IMM

Didier Wampas et des étudiants  l'IMM