Théoriquement, la demande est le pôle le plus important d’un marché et son analyse doit s’effectuer ponctuellement. Pourtant, cette analyse, aussi poussée soit elle, ne permettra jamais totalement d’éliminer toutes les incertitudes. En matière de musique, nous sommes également sur un marché de l’offre qui nécessite des incitations et des stimulations soutenues. Trop de facteurs environnementaux peuvent venir contrarier des objectifs et même remettre en question l’expertise des plus performantes. L'application de simples formules ne suffit pas pour conduire un projet. En fait, ce qui est important et qui fait partie du jeu, c’est la capacité à innover, à avoir de nouvelles idées, à ne pas rester figé sur des stéréotypes alors que les marchés sont en mouvement et que les profils des consommateurs de musique évoluent plus ou moins lentement mais sûrement. Un artiste ne doit pas forcément se poser toutes ces questions. C'est lui qui provoque l'étincelle. Charge ensuite aux motivés d'y consacrer du temps et des ressources en fonction de leurs envies puis d'en faire quelque chose. L’exercice consiste généralement à mettre en oeuvre divers plans pour présenter des créations artistiques à des consommateurs, ceux que l'on n'a pas encore touché et ceux que l'on a perdu en route. Finalement, la prescription est un enjeu majeur. Mais pas n'importe quelle prescription.
 
D'un site à l'autre, d'une offre de streaming à une autre, d’une zone de chalandise à une autre, voire d’un point de vente à un autre, les profils des consommateurs de musique, leurs habitudes et attitudes d’achat et d'écoute diffèrent sensiblement : il existe des disparités locales de consommation, de revenus et de goûts.
Les consommateurs laissent des traces de leurs achats et même de leurs passages dans tel ou tel rayon, attirés par tel ou tel album. Tout peut être analysé et les données peuvent facilement aider à commercialiser des productions standardisées. Par contre, malgré leurs apparences généralement flatteuses, de nombreux fruits sont proposés alors qu'ils ne sont pas assez mûrs ou des fois trop mûrs. Et à force de proposer des produits sans grande saveur ou périmés, les consommateurs finissent par ne plus rien vouloir, par ne plus ressentir grand chose, par perdre le goût. Il faut donc les motiver autrement et réussir à les reconquérir quotidiennement. L'audiovisuel et de belles synchros à fortes valeurs symboliques permettent encore de toucher par les sentiments. De belles histoires improbables comme celle d'un titre de musique électro française qui commence à cartonner dans une discothèque de Moscou avant de partir à la conquête du monde pour en faire un véritable hit n'ont pas besoin d'être analysées en profondeur puisqu'il s'agit de succès imprévisibles (comme la plupart des bonnes surprises). Par contre, les personnes qui travaillent sur ces projets et qui enchaînent les actions les unes après les autres méritent toute notre attention. Vous comprendrez facilement pourquoi l'IMM leur consacre beaucoup de temps et organise régulièrement des rencontres avec eux.

Bien évidemment, nous observons aussi les tendances mondiales ou même nationales. Mais ces informations méritent toujours d’être affinées localement. Même si, pour une plateforme internationale, le fait de mettre en avant toujours certains artistes planétaires sur de petits écrans peut être rassurant, fédérateur et donne le ton de la conformité; même si, pour une enseigne, la centralisation des achats peut représenter certains avantages politico-logistico-économiques, l’uniformisation et la concentration de l’offre ne sont  pas des solutions durables pour la musique, pour ceux qui la font et pour ceux qui la consomment.

En décembre 2015, les étudiants de l'IMM ont rencontré le très sympathique Erick Viollet (SONY MUSIC) pour expliquer clairement et avec une dose d'humour l'utilisation de la musique dans les films, les séries TV, les jeux vidéos et dans la publicité audiovisuelle, Gérard Davoust (LES ÉDITIONS RAOUL BRETON) a présenté son merveilleux catalogue et surtout une façon de travailler « à l'ancienne » mais qui nous semble aussi être d'une modernité résistante face aux défis que connaît notre secteur. Il était accompagné ce jour-là par sa brillante collaboratrice Caroline Bourgeois qui a aussi parlé de son parcours professionnel depuis ses études à l'IMM. David Bossan (DISTRICT 6) a dévoilé une approche très lucide, humble et humaine de l'édition musicale mais plus globalement du développement de projet dans la musique,  Laïla Hiouny (GROUPE ROCHER) a magistralement exposé les moyens de paiement du cash aux empreintes digitales. Stéphane Laick (AT(H)OME) a raconté l'évolution d'un label, la diversification de métiers et sa dynamique pour repositionner une entreprise à forte identité, Thomas Jamois (VELVETICA MUSIC PUBLISHING) a parfaitement résumé la chaîne de droits et son travail d'éditeur artisan capable d'établir des accords avec des entreprises comme Renault, Orange, Guerlain, Toyota ou H&M, Benjamin Sierra et Yassinn Diouri (FINDSPIRE) ont présenté une solution innovante de promotion et de recommandations, leur entreprise portée par les nouvelles technologies est consciente de l'importance des images y compris la captation et la diffusion sur le net de sessions live qu'elle organise.

Les étudiants profitent également de ces rencontres pour construire ou développer leurs réseaux.

I'M HUNGRY arrive à l'IMM

I'M HUNGRY est arrivé à l'IMM juste avant les Fêtes de fin d'Année et les vacances bien méritées des étudiants !