Producteur de concerts,  manager d'artistes, producteur d'enregistrements, organisateur d'évènements, adepte du Do It Yourself efficace et acteur incontournable de la musique depuis plusieurs décennies, Alain Lahana aime travailler, s'amuser, construire, réaliser l'improbable, se lever tôt, se coucher tard et boire du thé !

Il commence son parcours dans le spectacle vivant au milieu des années 70 en organisant notamment un petit festival punk, celui de Mont de Marsan ... le père d’un copain pouvait avoir les arènes gratos... . D'illustres inconnus font leurs premières scènes en France : The Clash, The Damned, The Police... pour quelques centaines de spectateurs. Toute cette période correspond à la rencontre entre de jeunes groupes qui débutent et un jeune producteur qui veut faire ce que personne n'ose : développer quelque chose hors du commun avec les artistes underground du moment.

Même si sa perspicacité le mène jusqu'à organiser le passage des Rolling Stones au Stade de France ou encore des tournées mondiales pour Henri Salvador, son travail s'apparente à de l'artisanat. Pour réussir il fait preuve de singularité, ne se repose pas sur ce qui fonctionne et ne panique pas devant les difficultés. Il met son énergie au service d'artistes capables de donner des émotions, du fond et des formes. Qui pouvait croire au développement de carrière de Bernard Lavilliers, de Stephan Eicher, de Rachid Taha ou encore aujourd'hui de GiedRé ?
Ces succès nous paraissent comme des évidences. Mais ils sont les fruits d'un grand déploiement de ressources et d'effets combinés. Pour Alain Lahana, tout s'enchaine. Pour l'observateur, c'est très simple et tout semble assez facile. Mais pour l'acteur, c'est sans doute une question de rythme, de régularité et d'envies partagées.

Zazie en Birmanie, une première patinoire extérieure aux Antilles, Iggy Pop sur Vente Privée ... des idées géniales mais jamais systématiquement rentables. Il faut essayer et toujours innover. Et si les contraintes sont vraiment insurmontables, alors il faut passer à autre chose. Du reste, dans le spectacle, rares sont les entrepreneurs qui n'ont jamais fait faillite. C'est arrivé à Alain Lahana mais il a toujours réussi à rebondir. Il suffit de peu pour trébucher. Alors avec les années, on finit par comprendre et du coup, une sorte de sérénité se propage et rassure autour de lui.
Même s'il travaille souvent sans accomplir d'actes formels (de lourds contrats de 300 pages), la confiance lui permet de poursuivre depuis de nombreuses années des collaborations avec Patti Smith, David Bowie, Phil Collins, Suzanne Vega...

Depuis le début des années 2000, avec sa société LE RAT DES VILLES,  il tente de supprimer au maximum les intermédiaires coûteux qui se positionnent historiquement dans les étapes de la production. Il peut se le permettre puisqu'il jouit aussi de relations privilégiées avec certaines enseignes ou certains opérateurs. C'est sa façon d'optimiser les revenus des artistes puisque les acteurs traditionnels sont, selon lui, incapables de le faire.  

Il est évidemment impossible d'imaginer faire la carrière d'Alain Lahana. Elle n'est pas reproductible. Mais pour les étudiants de l'IMM, le fait d'échanger avec lui à bâton rompu permet de mieux comprendre le manager. Son principal outil, c'est lui-même, sa volonté, ses envies... et peut-être que son pire ennemi est le conformisme.

Alain Lahana intervient auprès des étudiants de l'IMM depuis une bonne dizaine d'années et Paul Bessone remarque toujours la fraîcheur de ses propos, l'engagement et les étincelles qui brillent dans les yeux d'Alain, lorsqu'il parle des artistes, de Féfé, de Zaza Fournier, de GiedRé... et pour toujours sans doute de Patti Smith et d'Iggy Pop.

Il y a quelques jours, il a offert des perles aux étudiants de l'IMM :

"Pour moi less is best"

"L'essence du spectacle, c'est amener du rêve. Le rêve est le moteur principal dans cette profession"

"Profitez-en, on s'est brûlé les ailes avant vous"

"C'est à vous de créer votre propre moule"

"Il ne faut pas travailler un artiste en fonction de son style musical mais selon l'émotion qu'il transmet"

" Si tu ne trouves pas une grande porte, tu peux trouver une petite fenêtre"