1 - Vous devez définir des objectifs quantitatifs, par exemple un nombre de productions à réaliser et commercialiser, mais aussi (et peut-être surtout) des objectifs qualitatifs qui définissent votre ligne éditoriale. Le tout, à court, moyen et long termes, dans un marché en mutation constante. L’élaboration d’un plan d’affaires souple donne un sens à toutes vos actions : il faut préalablement définir puis viser ce que vous souhaitez atteindre.

2 – Attachez de l’importance aux ressources humaines : nous sommes dans un secteur souvent conflictuel car composé de passionnés, d’impulsifs et de fortes personnalités. Il faut assigner des mandats et des responsabilités puis canaliser les efforts. Vos principaux problèmes seront causés par d’autres individus. Il faut donc apprendre à connaître ses derniers et à imaginer leurs comportements.

3 – Mettez le spectacle vivant et les nouveaux médias au cœur de vos stratégies : les personnes que vous voulez toucher sont vos ultimes références. Ne perdez jamais de vue vos consommateurs, ceux qui aiment vos productions et surtout ceux que vous pouvez convaincre assez naturellement, sans mensonges. Par conséquent, la mise en place de relations directes avec votre cible, en limitant les filtres, devient une véritable force dans de nombreuses situations.

4 – Vous devez utiliser ce qui marche et ce qui ne marche pas chez les concurrents. Choisissez des références comparables aux vôtres et procurez-vous des informations dessus. Ainsi, vous pourrez identifier certains «éléments déclencheurs», des «leviers incontournables» ou des «erreurs fatales». Il faut apprendre à partir de vos expériences mais également à travers celles des autres.

5 - Gérez attentivement vos dépenses : en fait, il est très facile de dépenser. Mais la gestion efficace des dépenses nécessite du temps et de la curiosité. Il n’est pas simple de trouver des fournisseurs compétitifs ou des prestataires fiables et si vous réussissez à le faire, il faudra tout de même poursuivre les négociations car rien n’est figé.

6 - Cherchez de nouveaux apports de revenu y compris des aides et subventions: il n’existe pas une seule et unique source de revenu. Il faut être capable de reconstituer un gâteau à partir de miettes : la diversification de métiers est souvent essentielle. Produire, éditer et diffuser de la musique sont inéluctablement liés. Il faut donc en permanence développer de multiples compétences et de nouveaux partenariats.

7 – Luttez contre le «syndrome de la signature» : vous devez étudier toutes les propositions commerciales que vous recevrez. Mais elles ne sont pas forcément toutes intéressantes. Il ne faut donc pas accepter ce que vous ne comprenez pas pleinement et à l’aide d’une calculatrice. En fait, avant de signer le moindre document, assurez-vous d’en avoir mesuré la portée. Il en est de même vis-à-vis des artistes ou de tout tiers. Assurez-vous qu’ils ont compris toutes les clauses et conditions que vous proposez. Le but du jeu ne consiste jamais à signer ou faire signer mais plutôt à établir un partenariat clair.

8 - Analysez l'exploitation commerciale si minime soit-elle : il ne faut pas simplement lire des états et relevés de ventes. Il faut aussi les comprendre et s’en servir. Il ne faut jamais attendre qu’une relation commerciale se dégrade pour contrôler ses comptes. Il est préférable de le faire au fur et à mesure afin d’obtenir des explications. Vous aurez aussi des comptes à rendre.

9 – Définissez un cadre contractuel : le droit applicable en France nécessite l’accomplissement de nombreuses formalités et la rédaction de nombreux actes. Même entre proches, il faut établir des écrits qui visent à faciliter l’action. À cet effet, le recours à des contrats type est rarement suffisant et le «copier/coller» est souvent inadapté… sauf pour les conformistes qui regardent le passé. Le cadre contractuel doit être souple et permettre de nombreuses évolutions.

10 – Améliorez sans cesse votre principal outil : «vous-même». Vous devez vous connaître mieux que quiconque et vous perfectionner. Une période de formation peut être un temps de réflexion et de retour sur soi. Elle est un peu l'occasion d'un arrêt sur image, moment clé avant l'engagement ou la poursuite de l'action. Elle permet au préalable d'évaluer ses acquis, et par la suite d'apprendre à les surpasser.