Le crowdfunding est un mécanisme qui permet de récolter des fonds, souvent de petits montants, auprès de nombreuses personnes afin qu’elles participent au financement d’un projet.

Depuis 4 ou 5 ans, le financement participatif se développe et de nombreux artistes exposent leurs projets sur des plateformes disponibles en ligne, le temps d'une campagne de levée de fonds. Ils espèrent ainsi atteindre des objectifs en proposant des contreparties.

L'étude que nous venons de réaliser à partir d'un questionnaire en ligne permet d'identifier quelques interactions entre un accro de la musique et le financement participatif. Elle a été entièrement réalisée sur deux semaines; une quarantaine de formulaires comportant une douzaine de questions ont été administrés et traités.

Crowdfunding | Synthèse 2015

91% des répondants sont prêts à s'engager sur une campagne de financement participatif pour soutenir un projet. Bien évidemment, les répondants sont des "accros de la musique", des gens concernés par le sujet. 9% des accros déclarent ne pas vouloir s'engager sur une campagne de financement participatif. Ils n'étaient que 5%, en 2014, à ne pas vouloir s'engager.

Participer au financement d'un "Enregistrement en studio" est incontestablement le type de projet préféré des accros. Même si les personnes interrogées pouvaient donner plusieurs réponses, ce type de projet apparaît dans 40% des cas (contre seulement 7% pour l'enregistrement d'un concert). "Concert, show case ou tournée" suscite à peu près le même intérêt qu'en 2014 avec 16% des nominations. Viennent ensuite, avec 12% chacun, la "Fabrication de support (CD, vinyle)" et le «Vidéoclip». La "Communication ou promotion du projet", la «Captation audiovisuelle d'un concert» et le "financement d'un emploi attaché au projet" n'intéressent pas ou très peu les accros de la musique.

Le montant de la participation au projet musical est compris entre 10 et 20 euros (39%). 26% pourrait participer de 20 à 50 euros. Les participations de plus de 50 euros sont en progression et passent de 7% à 17% en 2015. Même si 57% des répondants participent à un projet pour un montant inférieur à 20 euros, à titre indicatif, nous estimons le montant moyen de participation à 29 euros. Quelques «gros contributeurs» peuvent facilement changer la donne. Enfin, les répondants ne manifestent quasiment jamais l'envie de fixer librement le montant de leur participation.

En échange de sa participation, un individu souhaite majoritairement recevoir «un enregistrement ou support réalisé (CD, MP3, T-shirt...)». C'est la principale contrepartie qu'il désire (52%). Il déclare ne pas du tout attacher de l'importance à un remerciement officiel sur un support. Un quart des répondants (26%) ne souhaite pas recevoir de contrepartie ou n'y attache pas d'importance.

Si le projet ne se réalise pas, 39% désirent être remboursés (contre 44% en 2014). 48% des personnes interrogées acceptent de reporter leur participation principalement sur un autre projet de l'artiste (rarement d'un autre artiste). Pour 13% peu importe si le financement est bien utilisé pour un projet musical. Finalement si le projet ne se réalise pas, 60% des personnes interrogées acceptent de reporter leur participation. C'est donc le fait de participer/contribuer qui est important. Toutefois, l'attachement à l'artiste reste prépondérant. Hormis le fait de l'aider pour un projet précis, les accros de la musique soutiennent avant tout des artistes qu'ils aiment et qui ont des projets. 46% des répondants participent par intérêt pour l'artiste ou son projet. La clarté de la présentation du projet influence 17% des accros. Ces derniers sont tout aussi nombreux (17%) à conditionner leur participation à la possibilité de suivre l'avancement du projet (y compris les dépenses engagées). Seulement 8% des répondants attachent de l'importance à la faisabilité du projet (selon eux) et désirent des «garanties de résultats».         

Un quart (26%) des participants préfère que le financement soit directement géré par l'artiste.  Seulement 9% souhaitent l'intervention d'une structure qui travaille avec l'artiste (association, entreprise). Ce résultat est très inférieur à celui exprimé en 2014 (42%). Toutefois, près des deux tiers des répondants n'attachent pas d'importance à l'identité du gestionnaire. 61% n'attachent pas d'importance au type de gestionnaire mais à condition que le projet soit mené à bien.